Pépins de pomme 
Alexandre Lecoultre (textes), Claire Nicole (peintures)
Le Cadratin, Sottens, 2020 
Pépins de pomme
a été composé à la main avec du caractère mobile
Antique allongée maigre corps 20.

Tiré à 90 exemplaires, sur papier Velin d'Arches 250 gm2
sur les presses de l'atelier du Cadratin à Sottens
au courant de l'été 2020.

Les numéros I à XXII sont accompagnés
d'un noir de vigne de Claire Nicole
signés par les artistes et constituent l'édition de tête.

Suivent les exemplaires courants numérotés de 23 à 90.
" (...) Après tout le sublime est comme un sommet de cinq mille mètres : il est inhabitable.
Alors tout l’art de Claire Nicole est de rendre visible le lisible (...), proposer un éclairage noir et subtilement gris, nuancé en ponctuation. Ponctuation non figurative comme des tracés en devenir ; devenir oiseau, devenir lettre ou devenir pierre entourée de mousse. Poèmes graphiques dans les cahiers poétiques et les propres traces d’Alexandre Lecoultre.
Pour que ces deux démarches apparemment solitaires se rejoignent et se sensibilisent l’une et l’autre, il faut saluer ici l’œil d’épervier de l’architecte : Jean-Renaud Dagon qui a vu tout de suite quel format donner au recueil, quel papier choisir pour les noirs de vigne, pour faire respirer les mots, c’est-à-dire leur donner du caractère :
Antique allongée maigre corps 20
C’est le pedigree de la police choisie [sans empattement] ou si vous préférez l’étymologie, son pied de grue.
Et pour ma part j’ajouterai pour ne pas allonger :
Ce magnifique pied de nez « Pépins de pomme », pied de nez à la vulgarité d’un monde sans poésie.
Merci aux créateurs de suspendre le temps en crachant les noyaux, pardon les pépins, sur Velin d’arches 250g au mètre carré,
Un coup de maître en tercets, en trio, en triangle et en amitié ! "
Christian Ciocca

Peter und so weiter 
Alexandre Lecoultre, Ed. L’Âge d’Homme, Lausanne/Paris, 2020 
« Herr Schriftsteller, vous faites quoi ici ? Peterli, je ramasse ce que les gens abandonnent, ce dorf est parcouru de zones pareilles aux mailles dans un filet, aux jointures dans un plancher, aux fissures dans une table. »
Peter est un homme sans âge qui habite le dorf de Z. Il vit de petits boulots, il se promène et s’endort à gauche à droite, notamment dans le terrain vague en bas de chez lui où il aime traîner. Dans sa bouche les langues sont emmêlées et on dit même qu’elles ont fini par faire des noeuds. 
Un jour au Café du Nord, son ami Bernhard lui demande quand il commencera la vraie vie. Bouleversé par cette question, Peter va alors commencer une quête longue et intense pour la chercher. Tantôt guidé par Micha, une voyante trouvée dans les petites annonces, tantôt par son instinct, il parcourt le dorf de long en large, s’essayant, demandant à ses amis le Schriftsteller, Gigi von der Gemeinde et d’autres encore. Mais va-t-il trouver la vraie vie ? Et comment ? 
Le récit suit la quête de Peter dans des zones de l’entre-deux, des lieux abandonnés, de l’herbe aux bords des ruelles, des bancs publics. Chaque rencontre est l’occasion d’écouter d’autres personnages dont les voix s’ajoutent à la sienne dans ce rythme d’en-allée quotidienne où, sous chaque pas, se joue le sens de l’existence, un sens qui s’échappe. 
Composé à voix haute, en marchant, le texte est porté par une langue précise, orale, rythmique et le strict minimum de la respiration : points, virgules, espaces. Le récit principal est entrecoupé par des poèmes. Ceux-ci viennent d’une autre voix qui fait écho au reste sans s’y confondre. Cette voix semble souffler comme le vent dans les arbres, mais que dit-elle ? 


Ce texte a reçu une « aide à la création » de la part du canton de Bern ainsi que de la ville de Bern en 2019. ​​​​​​​

Couverture © Engel 2019

Moisson
Alexandre Lecoultre, Ed. Monographic, Sierre, 2015
"On ne sait pas exactement ce que la descente encore dans
l’ombre nous réserve mais le regard sera tourné les derniers instants vers ce qui disparaît dans la lumière, le chemin parcouru, les enjambées invisibles. Le col apparaît alors comme cette fine limite entre le visible et l’invisible, une sorte de présence qu’on ne veut quitter mais qui déjà n’est plus. Le mouvement de nuque de gauche à droite viendra clore le paysage entrevu pour l’inconnu que nous n’avons pas encore appelé."
Moisson est un livre d’initiation sur la jeunesse. Chaque chapitre se déroule dans un lieu différent et tente au travers du texte de lui rendre son propre rythme ; le tout dans une prose poétique où le lecteur comme l’auditeur est amené à vivre une expérience corporelle du monde.

« Moisson peut se lire comme une suite d’impressions de voyage. On y trouvera certes des images du monde entier. Mais c’est surtout une mosaïque d’évocations poétiques sur l’infinie variété du visible, caractérisée par l’attention extrême que l’auteur accorde au langage. Ici, les mots n’abolissent pas la qualité charnelle de l’expérience, au contraire, par leur sonorité et leur rythme, ils parviennent à nous la faire ressentir. »
Quatrième de couverture : Jérôme Meizoz

Le Grand Ours
Prix littéraire de l'université de Fribourg, 2012 (non-publié)
Chemin faisant : on passe des sapins pour découvrir des fourrés de fougères, des tussilages et oh ! Lever les grands têtras qui partent lourdement du sol avec des ailes plus vastes que les branches. Des fois aussi, je me fais peur avec les poules. Elles sortent des myrtilles juste après mon passage et filent droit dans un bruit de toupie qui vous fiche la frousse. Puis le silence revient. On passe un champ puis un autre. On ouvre les refuges, et on repart. On ne prévoit rien."
"Ce récit d'un séjour au Jura s'inscrit dans la tradition de la pérégrination littéraire qui peut rappeler Estive, de Blaise Hofmann, et se lire comme un hommage à des écrivains romands comme Maurice Chappaz ou Corinna Bille. Même qualité dans la narration, dans la maîtrise de l'écriture aussi. L'écriture est très dominée, très prometteuse, entre veine poétique et narration d'un parcours un peu désenchanté. L'interpolation de passages en vers est réussie, permettant de saisir une quintessence des paysages et l'intimité avec le "pays", saisi dans sa matérialité vivante. La citation de Jacques Lacarrière s'y trouve très bien illustrée: "écrire, c'est capturer l'éphémère pour l'enfermer dans la durée, devenir oiseleur du Temps".
Dimiter Daphinoff, Président du jury du Concours littéraire de l'Université de Fribourg 2012
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